« L’ivresse abrutissante de la chaleur et du bleu cruel de la mer ». Une relecture de La soif d’Assia Djebar
DOI :
https://doi.org/10.54103/2281-7964/28966Mots-clés :
Assia Djebar, Méditerranée, Algérie, Littérature d'expression française, Littérature postcolonialeRésumé
L’année 2025 marque le dixième anniversaire de la mort d’Assia Djebar (1936-2015) et le vingtième anniversaire de son élection à l’Académie française (2005). Cette double commémoration est l’occasion de revenir sur l’une des plus grandes autrices d’expression française du XXe siècle. Cet article se concentre sur le premier des romans de Djebar, La Soif, qui a inauguré la carrière littéraire de l’autrice en 1957. Ce roman, moins étudié que le reste de la production de Djebar, offre pourtant plusieurs repères pour aborder l’œuvre de l’écrivaine. Il contient déjà, in nuce, tous les éléments de transgression et de refus de la subalternité que les critiques ont par la suite notés (Asholt et Gauvin, 2017).
L’article analyse les différentes dimensions de l’entre-deux (géographique, culturel, évolutif, de genre) que le roman exprime. La protagoniste Nadia, déchirée entre ses origines arabes et son éducation européenne, sur le seuil de l’âge adulte, revendique et craint à la fois son statut de jeune femme libre. L’analyse porte notamment sur la composante spatiale du roman, qui apparaît comme hautement symbolique en ce qui concerne la transgression. En effet, d’une part, le soleil, la plage et la mer définissent l’espace que la protagoniste féminine, Nadia, se dispute avec les deux jeunes Ali et Hassein ; d’autre part, le soleil, la plage et la mer, alternant avec l’obscurité, la fraîcheur, la maison et le jardin, tracent un clivage significatif entre la protagoniste, Nadia, et le co-protagoniste/antagoniste, Jedla.
Dans le sillage des études djebariennes et en relation avec sa production ultérieure (tant fictionnelle que non fictionnelle), l’article s’interroge sur la transgression dans le roman La Soif, à travers les composantes de l’espace, du temps et du genre. Que signifient les espaces où Nadia et Jedla sont tour à tour reléguées ? Que signifie leur transgression, à supposer qu’elle soit réellement possible ? D’un point de vue étymologique, le terme transgresser signifie aller au-delà. Outre la dimension spatiale, quelle autre métaphore peut se cacher sous la « soif » de transgression d’un roman de jeunesse ?
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